

Comment s’est préparée l’écriture du
scénario ?
J'avais l'idée des étiquettes en tête depuis début
2009. J'ai collecté des idées peu à peu, puis je me suis lancé dans
l'écriture pendant deux mois jusqu’au printemps.
Comment s’est déroulé le tournage ?
On a tourné pendant dix jours dès
le mois de juin dans le centre de Grenoble. Toute l’équipe technique ainsi que
les acteurs étaient entièrement bénévoles. Les deux personnages principaux sont des comédiens professionnels de Paris et de Grenoble. Tous les autres ont été trouvé par des petites annonces posées ça et là et envoyées aux réseaux associatifs qui ont aidé à la réalisation du film. Parfois, ils restaient jusque très tard car on
avait besoin de filmer de nuit. Ils ont vraiment été sympa.
Avec quel matériel as-tu filmé ? combien vous a coûté le film dans son ensemble ?
L’intégralité du film a été tourné avec un appareil photo réflex NIKON
D90. Je ne voulais pas filmer avec une caméra car je souhaitais travailler sur
la profondeur de champ, ce qui est plus facile avec un appareil photo. De plus,
pour réaliser certaines séquences comme le stop motion (succession de plusieurs
photos prises en rafale), l’appareil photo était indispensable. Le reste du matériel - projecteurs, micros, réflecteurs, perche - nous a
été prêté par les différentes associations de cinéma amateur dont nous sommes
adhérents. Au niveau de l’éclairage, je voulais des couleurs chaudes, on a donc beaucoup travaillé avec des filtres pour modeler la lumière.
C’est de la simple communication ! On a démarché auprès des propriétaires
des lieux en leur expliquant bien nos activités et l’objectif de notre travail.
Au final, le gérant du magasin de photos a été consentant et nous a autorisé à filmer les weekend. Quant aux séquences dans le supermarché, on a tourné un jeudi - jour creux avec peu de clientèle - et on a simplement bloqué une caisse.
Ça a commencé au collège avec le club audiovisuel. Il y avait un
caméscope tout neuf que personne n’utilisait,
j’ai sauté sur l’occasion et j'ai décidé de monter une petite émission. Plus tard, au lycée, j’ai choisi
l’option audiovisuel avec des copains et, souhaitant aller plus loin dans la
création de films, nous nous sommes déclarés en association pour officialiser
nos activités. On se retrouvait le mercredi après-midi pour écrire et
travailler nos scénarios.
La synchronisation fut évidemment le plus difficile. Je devais m’occuper à la fois de la communication, de l’administration, des acteurs, de l’équipe et de la réalisation du film… pas facile. Faire cela tout seul permet de bien savoir où l’on en est, mais le tournage a foiré plus d’une fois à cause de ce manque de soutien sur le plan de l'organisation. Un jour, on a pris du retard sur les shoots car un membre de l’équipe n’avait pas pu se libérer à son travail pour venir au tournage. Une autre fois, on a loupé le rendez vous que nous avait gentiment fixé le médecin pour venir tourner dans la salle d’attente de son cabinet. J’ai dû régler ce problème comme j’ai pu. La prochaine fois, je m’associerai avec un chargé de production qui s’occupera de toutes ces tâches délicates !
Voir que chacun était entièrement impliqué dans son rôle sur le tournage fut pour moi le plus gratifiant. On était sur la même longueur d’onde, chacun apportait sa touche, son inspiration... Cela a considérablement enrichi le travail commun.
J’ai appris qu’il faut vraiment prendre son temps, se faire confiance. Et que chacun s’acquitte de sa tâche à fond.
Oui, j’ai mis plus de trois mois pour monter le film - avec le logiciel FinalCut. C’est long ! Maintenant, je le diffuse ça et là et demande aux spectateurs de me laisser leurs remarques afin d’améliorer la structure et le rythme du film. C’est toujours bon d’entendre les critiques pour progresser.
Je pensais en effet au festival annuel du court métrage de Clermont-Ferrand ou celui de Villeurbanne à Lyon… J’aimerais le diffuser au maximum ! Sinon, je compte bien continuer à faire de la réalisation mais mon objectif premier est d’être monteur professionnel ; je laisse venir les prochaines idées… J’aimerais que mon prochain film soit sur quelque chose qui se base sur la répétition, sur la musique, le souvenir d’un personnage…
C’est marrant, on me l’a souvent dit en effet, mais je n’avais pas du
tout fait attention à cela, ni même cherché à copier Jeunet ! Je citerais
plutôt Scorsese (After Hours, Raging Bull, Casino, Les affranchis en tête),
Kieslowski (Brève histoire d'amour, La double vie de Véronique, Rouge...), les
frères Cohen ou encore Hitchock car j’ai pas mal pensé à Vertigo ou Fenêtre
sur cour pour réaliser l’Étiquette. Je m'inspire également pas mal de
courts métrages car au niveau de la structure c'est quand même une forme à part.
Un matin, alors que l'acteur principal était allé à un concert la veille et devait arriver tôt sur le tournage, impossible de le joindre ! On ne savait pas ce qu'il s'était passé la nuit au commissariat... En fait, il s'était retrouvé coincé dans une bagarre pendant le concert et les policiers avaient embarqué quelques personnes au hasard. Alors le seul moyen de tourner sans son acteur principal, c'est de filmer la scène en vue subjective du personnage (à travers ses yeux), ce qui au final a été très positif pour la séquence !




