William, petit génie de réalisateur !

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Par Pauline

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William est un jeune étudiant lyonnais en BTS audiovisuel spécialisé dans le montage. Il est aussi réalisateur à ses heures lorsque l’inspiration monte et les idées bouillonnent. Avec déjà plusieurs courts métrages à son actif, réalisés par le biais de son association  Labeillecoule, créée au lycée avec une bande de copains, le cinoch, pour William c’est un mot qui sonne fort dans sa tête comme un concert d’Hendrix à Woodstock. Écrire un scénario, monter l’équipe, le storyboard, trouver les acteurs,  démarcher les partenaires, obtenir les autorisations,  shooter… toutes ces tâches, William les as prises à bras le corps cet été pendant trois mois pour réaliser son dernier film l’Etiquette incertaine. C'est l’histoire d’un photographe salarié pas très philanthrope qui tombe amoureux de la caissière du magasin d’en face…  Un petit chef-d’œuvre de 20 minutes qui nous embarque dans un monde aux mille délices, aux échos d’un Amélie Poulain un peu timide mais signé par la main épatante d’un nouveau petit génie du cinéma.  Interview...

Pour visionner la bande annonce, cliquez ici !
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 Comment s’est préparée l’écriture du scénario ?

J'avais l'idée des étiquettes en tête depuis début 2009. J'ai collecté des idées peu à peu, puis je me suis lancé dans l'écriture pendant deux mois jusqu’au printemps.

Comment s’est déroulé le tournage ?

 On a tourné pendant dix jours dès le mois de juin dans le centre de Grenoble. Toute l’équipe technique ainsi que les acteurs étaient entièrement bénévoles. Les deux  personnages principaux sont des comédiens professionnels de Paris et de Grenoble. Tous les autres ont été trouvé par des petites annonces posées ça et là et envoyées aux réseaux associatifs qui ont aidé  à la réalisation du film.  Parfois, ils restaient jusque très tard car on avait besoin de filmer de nuit. Ils ont vraiment été sympa. 

Avec quel matériel as-tu filmé ? combien vous a coûté le film dans son ensemble ?

L’intégralité du film a été tourné avec un appareil photo réflex NIKON D90. Je ne voulais pas filmer avec une caméra car je souhaitais travailler sur la profondeur de champ, ce qui est plus facile avec un appareil photo. De plus, pour réaliser certaines séquences comme le stop motion (succession de plusieurs photos prises en rafale), l’appareil photo était indispensable. Le reste du matériel - projecteurs, micros, réflecteurs, perche - nous a été prêté par les différentes associations de cinéma amateur dont nous sommes adhérents. Au niveau de l’éclairage, je voulais des couleurs chaudes, on a donc beaucoup travaillé avec des filtres pour modeler la lumière.

 Au total, le film a coûté 1000 euros. La location du Nikon nous a seulement coûté 300 euros mais c’est le budget nourriture qui fut le plus lourd sur la facture. Nourrir plus de quinze personnes pendant dix jours, c’est pas du gâteau !

 Dans le film, l’histoire se déroule à la fois dans un supermarché, un magasin de photographie et  une salle d’attente de médecin, comment as-tu obtenu l’autorisation de tourner dans ces lieux ?

C’est de la simple communication ! On a démarché auprès des propriétaires des lieux en leur expliquant bien nos activités et l’objectif de notre travail. Au final, le gérant du magasin de photos a été consentant et nous a autorisé à filmer les weekend. Quant aux séquences dans le supermarché, on a tourné un jeudi - jour creux avec peu de clientèle - et on a simplement bloqué une caisse.

 Depuis combien de temps te passionnes-tu pour la réalisation ?

Ça a commencé au collège avec le club audiovisuel. Il y avait un caméscope tout neuf que personne n’utilisait,  j’ai sauté sur l’occasion et j'ai décidé de monter une petite émission.  Plus tard, au lycée, j’ai choisi l’option audiovisuel avec des copains et, souhaitant aller plus loin dans la création de films, nous nous sommes déclarés en association pour officialiser nos activités. On se retrouvait le mercredi après-midi pour écrire et travailler nos scénarios.

 Qu’est-ce qui a été le plus dur dans la réalisation d’une telle fiction ?

La synchronisation fut évidemment le plus difficile.  Je devais m’occuper  à la fois de la communication, de l’administration, des acteurs, de l’équipe et de la réalisation du film… pas facile. Faire cela tout seul permet de bien savoir où l’on en est, mais le tournage a foiré plus d’une fois à cause de ce manque de soutien sur le plan de l'organisation. Un jour, on a pris du retard sur les shoots car un membre de l’équipe n’avait pas pu se libérer à son travail pour venir au tournage. Une autre fois, on a loupé le rendez vous que nous avait gentiment fixé le médecin pour venir tourner dans la salle d’attente de son cabinet. J’ai dû régler ce problème comme j’ai pu.  La prochaine fois, je m’associerai avec un chargé de production qui s’occupera de toutes ces tâches délicates !

 Et le mieux… ?

Voir que chacun était entièrement impliqué dans son rôle sur le tournage fut pour moi le plus gratifiant. On était sur la même longueur d’onde, chacun apportait sa touche, son inspiration... Cela a considérablement enrichi le travail commun.

 Qu’est ce que tu retiens de ces dix jours de tournage ?

J’ai appris qu’il faut vraiment prendre son temps, se faire confiance. Et que chacun s’acquitte de sa tâche à fond.

 Le montage du film t’a-t-il pris du temps ?

Oui, j’ai mis plus de trois mois pour monter le film - avec le logiciel FinalCut. C’est long ! Maintenant, je le diffuse ça et là et demande aux spectateurs de me laisser leurs remarques afin d’améliorer la structure et le rythme du film. C’est toujours bon d’entendre les critiques pour progresser.

 Et justement, comptes-tu diffuser plus largement ton court métrage dans des festivals par exemple ? As-tu déjà d’autres projets de réalisation?

Je pensais en effet au festival annuel du court métrage de Clermont-Ferrand ou celui de Villeurbanne à Lyon… J’aimerais le diffuser au maximum ! Sinon, je compte bien continuer à faire de la réalisation mais mon objectif premier est d’être monteur professionnel ; je laisse venir les prochaines idées… J’aimerais que mon prochain film soit sur quelque chose qui se base sur la répétition, sur la musique, le souvenir d’un personnage…

 On t’a plusieurs fois fait remarquer que l'Étiquette incertaine présentait quelques similitudes avec Amélie Poulain. Y a-t-il un réalisateur ou un film en particulier qui t’a inspiré ?

C’est marrant, on me l’a souvent dit en effet, mais je n’avais pas du tout fait attention à cela, ni même cherché à copier Jeunet ! Je citerais plutôt Scorsese (After Hours, Raging Bull, Casino, Les affranchis en tête), Kieslowski (Brève histoire d'amour, La double vie de Véronique, Rouge...), les frères Cohen ou encore Hitchock car j’ai pas mal pensé à Vertigo ou Fenêtre sur cour pour réaliser l’Étiquette. Je m'inspire également pas mal de courts métrages car au niveau de la structure c'est quand même une forme à part.

 Peux-tu nous raconter une petite anecdote, pendant le tournage ?

Un matin, alors que l'acteur principal était allé à un concert la veille et devait arriver tôt sur le tournage, impossible de le joindre ! On ne savait pas ce qu'il s'était passé la nuit au commissariat... En fait, il s'était retrouvé coincé dans une bagarre pendant le concert et les policiers avaient embarqué quelques personnes au hasard. Alors le seul moyen de tourner sans son acteur principal, c'est de filmer la scène en vue subjective du personnage (à travers ses yeux), ce qui au final a été très positif pour la séquence !



 Le film sera bientôt consultable intégralement sur VIMEO… Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici en images quelques secrets du tournage… !!

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